L’ÉDUCATION  POSITIVE

La méthode éducative dite du "renforcement positif" met l'accent sur les points forts d'un enfant et sur ses bons comportements pour l'encourager à les développer. En accroissant son estime de lui-même, cet enfant va devenir beaucoup plus enclin à se situer en "grand", fier de l'être et désireux de le rester.

Cette méthode s'oppose à celle des punitions qui utilise des gestes ou des paroles humiliants ou désagréables pour déprécier des comportements que l'on veut abolir.

De nombreux travaux et l'expérience de maints éducateurs ont prouvé que la méthode du renforcement positif est beaucoup plus efficace à long terme mais qu'elle demande un peu plus d'attention de la part des éducateurs.


       

Kévin rentre de l'école très énervé, lance son cartable brutalement sur une chaise

qui tombe et fait mal à sa soeur qui se tenait à côté.

La maman a le choix entre dire :

- ou bien : "qu'est-ce que c'est que cette façon de te conduire, c'est insupportable, j'en ai assez, tu seras privé de télé" (et une claque va peut-être partir rapidement...)

- ou bien "qu'est-ce qui se passe, tu as été tellement formidable hier avec ta grand-mère, elle m'en parlait encore ce matin au téléphone..."

La première réplique a toute chance d'augmenter encore la colère de Kévin

et une escalade de mauvais comportements est à craindre,

qui va obliger à majorer les punitions.

La deuxième réplique, au contraire, va revaloriser Kévin

qui pourra alors expliquer plus calmement les raisons de son énervement.

Il lui sera plus facile de s'excuser et l'affaire sera close.




 

Respecter l'enfant

Parce qu'il est une personne, et de plus une personne fragile et sans expérience. Il n'est pas plus capricieux, méchant ou pervers que la plupart des adultes qui, eux, exigent le respect de la part de l'enfant.

Une discipline efficace n'inculque pas la honte, le sentiment d'abandon, mais doit au contraire accroître le sentiment de confiance entre le parent et l'enfant.

La meilleure façon d'obtenir qu'un enfant vous respecte c'est de le respecter lui-même quelles que soient les circonstances. L'enfant respecté dès sa naissance respectera ses parents, sa fratrie, ses éducateurs.

Frapper un enfant, lorsque l'on sait les bouleversements que ce stress induit dans son corps, c'est ne pas respecter ce corps et prendre le risque d'induire des troubles physiques qui lui seront préjudiciables.

Faire confiance aux capacités d'organisation du bébé

qui a bien su trouver son pouce dans le ventre de sa mère. Grâce à son organisation motrice innée, il va savoir développer lui-même les mouvements qui l’amèneront successivement aux principales postures : s’asseoir, aller à quatre pattes, se mettre debout et enfin marcher. Tous les enfants savent découvrir seuls ces postures, mais à leur rythme personnel. Les enfants qui n'ont pu grandir dans leur rythme sont plus nerveux que les autres.

Par exemple, la mise sur le pot ne peut se faire avant l’acquisition de la marche, car auparavant les sphincters ne sont pas arrivés à maturité : vouloir accélérer les étapes casse le rythme propre à chaque enfant et lui sera préjudiciable en l’empêchant d’établir une bonne cohérence entre le monde et ses aptitudes.


Etre à l'écoute des possibilités réelles de l'enfant

En fonction de son âge, donc de son stade de développement (voir les livres conseillés), mais aussi en fonction des problèmes particuliers que chaque enfant peut avoir à surmonter et qui sont à découvrir et prendre en compte auprès des spécialistes.


Essayer d’être un bon modèle de communication

Une bonne relation entre les parents induit la bonne relation avec et entre les enfants.

L'enfant respecté dès sa naissance respectera ses parents, sa fratrie, ses éducateurs.

Le parent est le modèle de l'enfant dont on est sûr qu'il sera copié, faisons donc ce que nous voulons qu'il fasse.

Formulons avec clarté, calme et fermeté les demandes faites aux enfants, mais aussi avec tendresse et de façon appropriée à l'âge.

Fesser est mauvais, crier ou injurier n'est pas mieux.


Apprendre à identifier les conflits

Si des divergences de vue apparaissent entre vous et l'enfant:

- ou bien le problème est en fait le sien (son appétit ou la longueur de ses cheveux)

  1. -ou bien le problème est le vôtre (la sono trop forte) et une négociation est à entreprendre.


Apprendre à gérer les conflits

- En cherchant à comprendre les situations qui les génèrent. Si l'enfant se met en colère, s'il veut agresser quelqu'un ou refuse énergiquement de faire quelque chose, lui demander d'abord de dire, avec ses mots, ce qu'il ressent et pourquoi, puis trouver avec lui une meilleure solution à sa difficulté. Lorsque le comportement d'un enfant devient insupportable, il ne faut pas s'attaquer à l'enfant mais à son problème : "je ne peux pas supporter ton comportement, peux-tu essayer de me dire ce qui se passe ?"

- En introduisant l'humour ou le jeu chaque fois que possible.

- En laissant toujours une petite marge de manœuvre à l'enfant (veux-tu commencer par te laver les dents ou par mettre ton pyjama ?).

- En tenant compte du tempérament particulier de chaque enfant (rapide mais brouillon, lent mais précis...).

- En exigeant réparation lorsqu'une transgression a été commise, réparation qui n'exclut pas l’enfant mais doit lui permettre de se réintégrer dans le cercle des règles.  

  1. -En négociant : parent (ou éducateur) et enfant n'ont, au même moment, ni les mêmes besoins ni les mêmes désirs. Ceux-ci entrent donc forcément et souvent en contradiction. Toutes les relations humaines ont à faire face à ces difficultés.


Personne n'a tort ni raison d'avoir des besoins et des désirs. Il faut trouver les solutions qui lèsent le moins possible l'un et l'autre, afin de ne pas engendrer de trop fortes frustrations, sources d'agressivité ou de dépression.

Dans la négociation, ou bien chacun fait une concession, ou bien on en fait une à tour de rôle, ou bien on demande à une tierce personne neutre dans le conflit de proposer une solution. Chaque adulte en position d'éducateur doit trouver sa façon de gérer les conflits... mais autant que possible sans perdant et sans coupable.


Et ne pas oublier la tendresse

La meilleure alternative à la violence. Lorsqu'on doit imposer à un enfant une frustration nécessaire, celle-ci sera beaucoup plus facilement acceptée si le ton employé est déjà amical ou porteur de tendresse, et plus encore si un geste affectueux encourage l'enfant à faire l'effort demandé.

La tendresse est la dimension émotionnelle qui permet de compenser les duretés de la vie. Elle n'est pas en opposition avec organisation, mise de repères, fermeté : être tendre, c'est être ni dur ni mou !

Madame Vigée-Lebrun et sa fille

Dali    Homme avec enfant

Essayer de résoudre ses difficultés personnelles

Les erreurs de discipline faites par les parents sont souvent liées aux problèmes qu'ils ont à vivre : isolement social, discorde conjugale, mauvaise santé physique ou mentale, abus de drogues, extrême jeunesse, et surtout violences vécues dans leur enfance.

Il faut aider les parents à résoudre au mieux leurs problèmes sociaux, mais aussi à sentir leurs limites personnelles, à parler de l'éducation qu'ils ont eux-mêmes reçue, et à exprimer les difficultés qu'ils ont eu à vivre au long de leur histoire personnelle.


Car c'est dans le rapport avec ses enfants que chacun de nous revit son enfance.


Il faut éviter de transmettre à notre enfant les difficultés que nous avons eues à subir. Chaque parent devrait pouvoir trouver un soutien psychologique dès lors qu'il en ressent le besoin. Son enfant en bénéficiera grandement.

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