L’ÉDUCATION DES  ANIMAUX

Que dire de l'éducation de ces animaux que nous voyons exécuter sur les pistes de cirque ou dans divers compétitions de véritables prodiges d'adresse? Comment a-t-on pu les éduquer à de telles performances ? Sont-ils battus ? Surtout pas. Le vieux système "gratification - punition" est complètement abandonné. Les maîtres du cirque, tels Bartabas ou Gruss, sont unanimes : "il ne s'agit pas de dressage mais d'éducation par la confiance et l'amour".


Et on les entend en général dire que les difficultés viennent souvent du manque de clarté des messages envoyés et de la méconnaissance, chez les propriétaires d'animaux, de leur psychologie.

Alexis Gruss dit avoir supprimé les éperons. Le cheval n’a plus à  "obéir " mais fait corps avec son cavalier; il sent les légères modifications de position de la jambe et y répond automatiquement. “C’est plus long, mais plus efficace, dit Gruss... c'est par l'éducation qu'on modifie le comportement"

Le père et entraîneur d'Alexandra Francard, championne d'équitation, dit à la Télé: "un cheval, pour avoir des résultats, il doit être heureux", "le leit motiv de la relation doit être respect et sensibilité".


Émission Télé “Envoyé spécial du 14.12.2000” :

Des chevaux sauvages “Mustang” envahissent les plaines du Colorado. On les capture depuis quelques temps et on les confie au dressage à des prisonniers encadrés qui purgent de longues peines après condamnation pour meurtre. Les prisonniers peuvent ainsi se réhabiliter par l'exécution d'un travail très difficile qui les passionne peu à peu. Ils disent qu'ils comprennent, par la relation qu'ils établissent avec les chevaux, que la violence ne marche pas, mais au contraire l'écoute, la patience, la régularité... et l'amour.

 

Et l’écuyer canadien Jean Yves le Guillou note que l’approche psychologique du cheval est, au point de vue pédagogique, d'une supériorité écrasante …, le cheval devient un partenaire pensant …, une joyeuse complicité s'établit même entre lui et son éducateur …, la collaboration du cheval devient réfléchie, librement consentie, généreuse…


De son côté, le vétérinaire spécialiste du comportement animal Thierry Le Portier s'exprime ainsi : "si on ne peut faire changer le maître, on ne peut faire changer le chien".

Un site internet d'éducation canine pose en préambule les questions suivantes :

- dresser un chien ou l'éduquer ?   - dresser  le maître ou l'éduquer ?   - qui a le plus d'efforts à faire ?

Remarques humoristiques qui peuvent aller jusqu'à affirmer que correctement éduqué, l'homme peut être un bon ami pour le chien et qui en disent long sur l'évolution des concepts éducatifs dans le monde canin ! Pourquoi cette évolution est-elle si en retard chez les humains ?

L'éducation des chiens d'aveugles comprend, pendant une durée de six mois, trois étapes successives basées exclusivement sur le "renforcement positif", c'est-à-dire sur l'encouragement par la récompense des bonnes pratiques :

  1. -sensibilisation à l'obstacle

  2. -apprentissage renforcé à l'obstacle

  3. -responsabilité et prise d'initiative.

On préconise en effet dans le monde animal le "renforcement positif" qui est l'équivalent de ce que nous nommons maintenant pour les enfants "éducation positive". L'éducation des chevaux est basée sur la méthode "éthologique" qui utilise les résultats des observations et expérimentations scientifiques faites sur le comportement de l'animal. Il n'y a pas de possibilité d'éducation sans acquisition de connaissances précises sur le fonctionnement physique et mental de chaque animal.

Grâce à cette méthode on peut établir des relations surprenantes. D'un cheval dit "difficile", on peut obtenir, sans stress inutile pour l'animal, un cheval qui se laisse guider facilement, qui accepte la présence de toutes sortes d'objets, même bruyants, et que l'on peut monter sans bride ni selle.


La Fédération Française d’Equitation reconnaît cette méthode basée sur la confiance, le respect et le bien-être et valide 5 niveaux de compétences dans les « Savoirs fédéraux d'équitation éthologique ».


C'est avec la même patience que les Premack et leur équipe (1983) ont réussi à apprendre à Sarah, un chimpanzé femelle, certaines performances linguistiques étonnantes. Ces chercheurs ont appris à Sarah l'utilisation de symboles (des pièces en plastiques de différentes formes et couleurs) pour représenter des objets (fruits), des propriétés (couleur, forme), des actions (donner, manger). Sarah a notamment pu répondre "non" à la question : "pomme identique à banane ? ", et elle a pu spontanément produire des phrases comme : "Mary donner pomme Sarah".