LE  DÉVELOPPEMENT  DE  L’ENFANT

Développement  du  foetus  dans  le  ventre  maternel


Ce développement ne pourra se faire de bonne façon que si le foetus est à l’abri de certaines formes de violence qu’il pourrait subir dans le ventre maternel. Par exemple l’imprégnation par le tabac, l’alcool, des médicaments contre indiqués, mais aussi une mauvaise alimentation. Sans oublier le surmenage ou les stress répétés subis par la mère qui lui feront sécréter des hormones dont le foetus se trouvera inondé en trop grande quantité.

Car ce fœtus est en rapport direct, par le placenta et le cordon ombilical, avec sa mère. Presque tous les éléments chimiques que la mère véhicule vont passer vers le placenta qui nourrit l’enfant.

Il a été montré que si le stress se répète souvent chez la mère, l’enfant sera plus nerveux à la naissance, et que le fœtus a tendance à prendre le rythme de vie de sa mère : les mamans « couche tard » font des bébés qui s’endorment tard le soir et les mamans « lève-tôt » font des bébés qui se réveillent tôt le matin !


Ce sont par ailleurs les stimulations sensorielles engendrées par les mouvements de la mère qui, reçues par le fœtus, permettent à son cerveau de se développer normalement, à condition que ces stimulations ne soient pas trop fortes.

Quand sa mère est au repos, c'est le moment que le foetus choisit pour se mobiliser, ce que la maman commence à sentir vers le 3° mois. Et quand la maman s'active, le foetus se met en général au repos, mais les stimulations qui lui sont alors transmises par les mouvements de sa mère sont nécessaires à son développement.  Il est donc utile d’offrir au fœtus une alternance de périodes d’activité et de repos.


La sensibilité de la peau va apparaître progressivement, commençant dès le 2° mois de gestation. L’odorat et le goût sont déjà notables vers 3 mois, ce qui permet au tout petit de goûter le liquide amniotique dans lequel il baigne et de se sensibiliser à ses variations de goûts.

Vers 6/7 mois le fœtus réagit à une stimulation auditive. Il perçoit la musique, la voix humaine et reconnaîtra à la naissance la voix de sa mère entre beaucoup d'autres. Mais des bruits trop intenses peuvent entraîner des déficits auditifs et parfois même une souffrance cardiaque.

Il est aussi capable de réagir à une lumière vive orientée vers le ventre de sa mère.

Et les bébés auxquels leur maman aura chanté régulièrement une chansonnette pendant la grossesse seront plus calmes chaque fois que leur mère reprendra cette chanson !


On a pu établir un lien entre les perturbations émotionnelles vécues par la mère pendant la grossesse et les troubles montrés par l’enfant après sa naissance au niveau de l'alimentation, de la respiration, de l'endormissement... Ce qui prouve que le principe de non violence doit être appliqué dès la gestation.


Après  la  naissance


Importance de l’attachement sécurisant du nourrisson


À sa naissance, le bébé est complètement dépendant de son entourage. Pour vivre avec un sentiment de sécurité cette dépendance totale des premiers mois, il a besoin de développer ce qu'on appelle "un attachement sécurisant" (réf. 38). Il lui faut pour cela recevoir les bonnes réponses à ses problèmes, et bénéficier d'un environnement stable avec des personnes qui s'occupent de lui qu'il puisse reconnaître et auxquelles il puisse faire confiance.


Il pourra alors peu à peu osciller sans risque entre son besoin d'attachement (sa base de sécurité) et ses désirs d'exploration qui vont très vite apparaître et qui sont indispensables pour son développement physique et psychique.


La personne vers laquelle l'attachement est le plus fort est le plus souvent la mère : elle devra se montrer assez disponible et attentionnée aux besoins de l'enfant, pour que cet attachement sécurisant puisse se développer, sans excès ni contrôles permanents mais surtout sans “tapes”.

Les problèmes de garde d'enfant devront être, autant que possible, organisés avec tact et continuité avec des personnes qui sachent induire le sentiment de sécurité. Car les troubles de l'attachement sont très préjudiciables à la bonne structuration de l'enfant.


Les débuts du développement


Le bébé va passer progressivement de son état de poupée de chiffon à celui d'un poupon capable de tenir sur ses jambes. Sa musculature va devenir active du haut vers le bas : il tiendra d'abord sa tête vers 2/3 mois et commencera alors à la tourner, entre 4 à 6 mois il arrivera à contracter suffisamment ses muscles du tronc pour se retourner, puis développera ses bras et arrivera à ramper. Vers 6/8 mois, il aura suffisamment renforcé sa musculature lombo-abdominale pour tenir assis. Puis il commencera à se redresser et y parviendra vers 12 à 15 mois lorsque ses jambes seront assez fortes pour le porter. Vers 6/7 mois il commence à attraper des objets avec ses mains, mais ce n'est que vers 9 mois qu'il va savoir prendre ces objets entre le pouce et l'index. Il va alors prendre plaisir à lancer : non pas pour vous embêter mais parce que cette découverte est pour lui complètement jouissive ! Si vous ne voulez absolument pas qu'il continue,  ne redonnez pas l'objet


mais surtout ne donnez pas de tape

parce que le bébé serait incapable de comprendre pourquoi il est tapé.

Car le petit humain naît dans un état de grande prématurité. Le cerveau du nourrisson, à sa naissance, est en cours de formation. Les cellules qui vont le constituer se maturent progressivement depuis le dernier trimestre de la grossesse jusqu'au 24° mois après sa naissance. Les neurones ne seront vraiment opérationnels que vers 2 ans. Le cerveau lui-même pèse 350 grammes à la naissance contre  1150 gr. à 2 ans et 1450 gr. à l'âge adulte. Mais ce n'est pas le nombre de cellules neuronales qui fait l'intelligence. Celle-ci ne se développe qu'au fur et à mesure que des connexions (synapses) s'établissent entre les cellules du cerveau. Et ces connexions se développent d'autant mieux que le bébé est inclus dans un environnement qu'il va pouvoir faire sien, assimiler, intégrer, maîtriser et sur lequel il va pouvoir progressivement agir.

Comment peut-on dire d'un bébé aussi peu armé intellectuellement

qu'il fait des caprices, qu'il nous mène par le bout du nez

ou qu'il cherche à nous faire tourner en bourrique.

Le pauvre petit bout de chou n'en a absolument pas les moyens.


Dans les premiers mois de la vie, seules les formations de la vie végétative et émotionnelle arrivent à maturité pour téter, avaler, écouter puis voir..., mais aussi souffrir, avoir du plaisir, communiquer, échanger des sourires, des gazouillis, des regards. L'interaction entre le bébé et son entourage est intense, mais passe par le "senti" et non le "réfléchi". Car les liaisons entre elles des cellules corticales, c'est-à-dire du fonctionnement “intelligent”, sont les plus longues à obtenir maturation. Vers 2 ans, les lobes pré-frontaux impliqués dans les processus de stratégies, d'hypothèses, de correction d'erreurs, sont encore peu développés. Un système prélogique se met lentement en place qui n'aboutira que vers 6 ou 7 ans à des aptitudes logiques conséquentes. Auparavant, l'enfant perçoit beaucoup de choses, mais n'apprend que lentement à établir un rapport entre elles. Les capacités intellectuelles du bébé ne lui permettent absolument pas de développer des stratégies face aux réprimandes de ses parents.


Les émotions, par contre, sont ressenties et exprimées fortement et tout de suite puisqu'elles ne peuvent pas encore être régulées par l'intelligence. Il faut se méfier de prendre pour argent comptant des phrases qu'utilisent certains éducateurs qui prônent avec raison une éducation active du bébé mais disent que "mon bébé comprend tout". C'est évidemment une image qui rassure les parents et non pas une réalité. Surtout lorsqu'il s'agit de tapes données à un âge où justement les bébés ne peuvent pas faire la relation entre ce qui vient de se passer (qui comporte souvent plusieurs séquences) et la tape.



Louis, bébé de 4 mois, attrape le joli pendentif de sa marraine

qui essaie alors de lui faire lâcher prise.

Puis, comme il n’obtempère pas, elle lui donne

une petite tape sur la main qui tient le bijou.

Il braille, mais ne lâche toujours pas.

“Quel petit gredin” s’écrie-t-elle !

Or elle n’aurait pas dû le laisser prendre ce bijou

car s’il le garde vigoureusement dans sa main,

ce n’est pas par caprice

mais parce qu’il ne maîtrise pas encore le relâchement volontaire

qui demande déjà une certaine maturité neurologique.

Et la tape vient augmenter encore la crispation !



Pendant longtemps, ce bébé ne vit que dans le présent. Il acquiert peu à peu énormément de connaissances, mais par une suite d'essais et d'erreurs qu'il fait un peu au hasard et qui s'intègrent inconsciemment dans sa mémoire. Si les expériences sont trop vite et surtout trop tôt tuées dans l'œuf par des réprimandes et surtout par les si fameuses "petites tapes", il cessera de les faire, incapable à cette époque d'effectuer un choix pour ne répéter que celles qui vous satisfont.


Quant à 9 ou 10 mois, 
Léa est toute joyeuse de taper dans son assiette 
pleine de purée avec sa main, 
il suffit de retirer l'assiette en disant clairement "non" 
et de ne pas la représenter aussitôt. 
Sinon, comme elle n'a pas compris ce qui se passe, 
elle va recommencer son expérience 
en vous regardant fixement, 
ce qui va vous faire penser qu'elle vous nargue 
et faire tomber la "petite tape" 
à laquelle elle ne comprendra rien, 
si ce n'est qu'elle ne peut plus avoir confiance en votre amour 
et sans qu'elle sache pourquoi.
 

EN  AVANT  VERS  L’AUTONOMIE


C'est souvent devant le développement de cette autonomie du bébé que les grosses difficultés commencent : les explorations lui font courir des risques dont les parents s'inquiètent à juste titre.

Des options urgentes sont alors à prendre : 

- supprimer tous les risques qui peuvent l'être (objets dangereux, fragiles...) et mettre à la place des objets colorés inoffensifs (gant de toilette de couleur vive, bouteille de plastic vide, pantoufle...)

- protéger les prises de courant par des caches que l'on trouve facilement dans le commerce

- mettre en situation élevée, inaccessible pour l'enfant, les produits dangereux

  1. -protéger l'enfant par la présence d'un adulte ou des clôtures (certains préconisent le parc) quand le risque ne peut pas être évacué. Là encore, taper n'empêche pas la reprise de l'exploration, donc du danger, mais à la longue peut supprimer toute envie d'exploration.


C'est aussi le début de l'ouverture au langage. Que de transformations rapides au jour le jour ! Tantôt les progrès seront dans les déplacements et obligeront à se méfier des marches et autres embûches. Tantôt c'est le développement du langage qui primera entamant une communication de plus en plus chaleureuse et joyeuse. Vers 10 mois Bébé peut commencer à comprendre le NON dit sur un ton clair et ferme et va prende plaisir à imiter vos gestes : au revoir de la main, applaudissements...


Et peu à peu on approche de l'âge du pot : l'enfant ne peut pas retenir ses selles avant d'avoir suffisamment développé ses muscles de l'anus. Et ce développement est favorisé par la marche. Ce n'est donc que quelques mois après le début des prouesses du petit trotteur que vous pourrez commencer à le mettre sur le pot, donc guère avant 2 ans.

Là aussi il y faudra de la patience car montrer une attitude trop exigeante ou trop enthousiaste devant la première selle obtenue sur le pot donne une importance trop grande à cette fonction qui doit rester banalement naturelle. Mais surtout, aucune réprimande ni bien entendu aucune fessée ne peut venir bousculer le développement de cette fonction d'évacuation.


Et la maturation aidant, bébé va acquérir peu à peu un certain sens de l'autonomie, se reconnaissant dans un miroir comme personne indépendante (stade du miroir), pouvant nommer quelques parties de son corps, se déplaçant de plus en plus facilement, bref, il prend conscience qu'il est une personne à part entière.


Mais c’est à ce moment que cet enfant va développer ce qui constitue souvent la première grosse difficulté des parents, la période d’opposition. C’est en effet vers la fin de sa deuxième année qu’il va vouloir acquérir une certaine autonomie, pour ne plus se sentir complètement dépendant de ses parents. Il va chercher à se différencier d’eux, à affirmer son désir propre et carrément à s’opposer au désir de ses parents en répétant à l’envie des “non” qui vont souvent les agacer. Mais il est extrêmement important que l’enfant puisse vivre cette recherche d’autonomie avec toute la compréhension possible de la part de ses parents. Sa bonne structuration psychique en dépend. Il faut donc au parent beaucoup de diplomatie pour passer sans trop de difficulté cette étape. Mais comme l’on sait que l’enfant de cet âge vit dans l’instant, il est assez facile de détourner son attention vers un jouet ou un objet qui l’intéresse, il suffit de confirmer notre désir de parent “mais si il faut faire cela” en ajoutant par exemple “où est donc passée ta petite auto bleue ?”. Cela suffit en général à éviter des conflits inutiles.





Vient ensuite "l'âge de raison" c'est à dire quand, à partir de 6 ou 7 ans, les capacités logiques de raison-nement s'installent sérieusement.

L'enfant commence à sortir de son univers fantasmagorique et s'insère peu à peu dans le rationnel.

Les filles vont devenir coquettes et manifester des goûts qui ne seront pas forcément les vôtres. Il est normal qu'elles s'assument ... sans grever votre budget ! Soucieux de leur seule coiffure, les garçons ont plus besoin de s'exprimer physiquement, de chahuter. Le sport peut être un bon dérivatif.

Mais la bagarre, l'agressivité, généralement déclenchées par les frustrations, doivent pouvoir s'exprimer tout en gardant des proportions acceptables. Il y a lieu d'en parler le plus tôt possible et d'aider l'enfant à régler sans violence les conflits.

L'apprentissage de la médiation par un tiers, qui devrait être enseigné dans les écoles, permet de faire évoluer sans violence excessive les conflits que l'enfant peut avoir avec ses copains ou ses frères et soeurs. Dans ce genre de médiation, la personne neutre (vous par exemple ou un copain de confiance) donne la parole successivement à chacun des opposants jusqu'à ce qu'ils puissent trouver ensemble une solution acceptable pour les deux, sans que le médiateur ne donne son opinion.

S'il se sent encouragé, ce bébé va faire des progrès rapides, mais à son rythme propre que vous découvrirez par votre écoute attentive. Vers 9 ou 10 mois, il va commencer à se déplacer à quatre pattes. Les découvertes que l'enfant va faire peu à peu sont alors indispensables.

Piaget affirme que le développement mental du nouveau-né jusqu'à 18 mois dépend de son pouvoir de se mobiliser normalement, contrairement aux habitudes pas si anciennes qui faisaient emmailloter les bébés comme des saucissons, leur interdisant tout geste autonome. La prise de conscience de la position de son corps et de la façon dont il peut le mouvoir va en effet multiplier très rapidement les connexions neuronales du bébé.

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